{"id":255,"date":"2026-04-03T12:06:28","date_gmt":"2026-04-03T12:06:28","guid":{"rendered":"https:\/\/brette.biz\/tropdamour\/?p=255"},"modified":"2026-04-03T12:06:29","modified_gmt":"2026-04-03T12:06:29","slug":"vingt-poemes-damour-une-chanson-desesperee-pablo-neruda","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.brette.biz\/tropdamour\/vingt-poemes-damour-une-chanson-desesperee-pablo-neruda\/","title":{"rendered":"Vingt po\u00e8mes d&rsquo;amour &#8211; une chanson d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e &#8211; Pablo Neruda"},"content":{"rendered":"\n<p>LA CENTAINE D&rsquo;AMOUR<\/p>\n\n\n\n<p>(Il a \u00e9crit ces 100 \u00ab&nbsp;sonnets de bois&nbsp;\u00bb \u00e0 son grand amour, sa derni\u00e8re femme Matilde Urrutia.)<\/p>\n\n\n\n<p>Matilde Urrutia (extraits)<\/p>\n\n\n\n<p>Au sein de la terre, j&rsquo;\u00e9carterai<br>les \u00e9meraudes pour t&rsquo;apercevoir<br>et toi d&rsquo;une plume d&rsquo;eau messag\u00e8re<br>tu seras en train de copier l&rsquo;\u00e9pi.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Quel univers&nbsp;! Quel stimulant persil&nbsp;!<br>Quel navire voguant sur la douceur&nbsp;!<br>Et toi peut-\u00eatre et moi aussi topaze&nbsp;!<br>Toutes ensemble sonneront les cloches.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Il ne restera plus que tout l&rsquo;air libre<br>avec la pomme emport\u00e9e par le vent,<br>dans la ram\u00e9e le livre succulent,<br><\/p>\n\n\n\n<p>et au lieu o\u00f9 respirent les oeillets<br>nous fonderons un habit qui supporte<br>l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 d&rsquo;un baiser victorieux.<\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Pablo<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu arrives du Sud avec ses maisons pauvres,<br>dures r\u00e9gions du froid, du tremblement de terre<br>qui, m\u00eame quand leurs dieux roul\u00e8rent dans la mort<br>ont donn\u00e9 la le\u00e7on de la vie dans la glaise.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Tu es un poulain de glaise noire, un baiser<br>de boue sombre, amour, coquelicot de glaise,<br>ramier du cr\u00e9puscule \u00e9ploy\u00e9 sur les routes,<br>tirelire \u00e0 chagrin de notre pauvre enfance.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Fille, tu as conserv\u00e9 ton coeur de pauvresse<br>et tes pieds de pauvresse habitu\u00e9s aux cailloux,<br>ta bouche qui n&rsquo;eut pas toujours du pain ou d\u00e9lice.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu es du pauvre Sud, d&rsquo;o\u00f9 est venue mon \u00e2me;<br>dans ton ciel ta m\u00e8re lave toujours du linge<br>avec la mienne. Amie ainsi je t&rsquo;ai choisie.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Pablo<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les \u00e9toiles admir\u00e9es, mouill\u00e9es<br>Par des fleuves diff\u00e9rents et par la ros\u00e9e,<br>J&rsquo;ai seulement choisi l&rsquo;\u00e9toile que j&rsquo;aimais<br>et depuis ce temps-l\u00e0 je dors avec la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Parmi les vagues, une vague, une autre vague,<br>vague de verte mer, branche verte, froid vert,<br>j&rsquo;ai seulement choisi l&rsquo;unique et seule vague<br>et c&rsquo;est la vague indivisible de ton corps.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Vers moi toutes les gouttes toutes les racines<br>et tous les fils de la lumi\u00e8re sont venus.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je n&rsquo;ai voulu que ta chevelure pour moi.<br>Et de toutes les offrandes de la patrie<br>Je n&rsquo;ai choisi que celle de ton coeur sage.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Pablo<\/p>\n\n\n\n<p><br>Matin<\/p>\n\n\n\n<p><br>J&rsquo;ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,<br>sans manger je vais par les rues, et je me tais,<br>sans le soutien du pain, et d\u00e8s l&rsquo;aube hors de moi<br>je cherche dans le jour la bruit d&rsquo;eau de tes pas.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je suis affam\u00e9 de ton rire de cascade,<br>et de tes mains couleur de grenier furieux,<br>oui, j&rsquo;ai faim de la p\u00e2le pierre de tes ongles,<br>je veux manger ta peau comme une amande intacte,<\/p>\n\n\n\n<p><br>et le rayon d\u00e9truit au feu de ta beaut\u00e9,<br>je veux manger le nez ma\u00eetre du fier visage,<br>Je veux manger l&rsquo;ombre fugace de tes cils,<\/p>\n\n\n\n<p><br>J&rsquo;ai faim, je vais, je viens, flairant le cr\u00e9puscule<br>et je te cherche, et je cherche ton coeur br\u00fblant<br>comme un puma dans le d\u00e9sert de Quitrat\u00f9e.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Pablo<\/p>\n\n\n\n<p><br>Midi<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ondine tu es fille de la mer, ton corps<br>est d&rsquo;eau pure, \u00f4 cousine de l&rsquo;origan,<br>et ton sang cuisini\u00e8re, est de terre vivante,<br>terrestres et fleuries, voil\u00e0 tes habitudes.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tes yeux regardent l&rsquo;eau, et soul\u00e8vent les vagues,<br>tes mains vont vers la terre, en y l\u00e2chant les graines,<br>l&rsquo;eau et la terre o\u00f9 sont tes domaines profonds<br>se sont unies en toi par la loi de l&rsquo;argile.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Na\u00efade, ton corps fend la turquoise marine<br>et bient\u00f4t resurgi fleurit dans la cuisine<br>c&rsquo;est ta fa\u00e7on \u00e0 toi d&rsquo;assumer ce qui est<\/p>\n\n\n\n<p><br>Avant de t&rsquo;endormir encercl\u00e9e de mes bras<br>qui, pour que tu reposes, \u00e9cartent de ta nuit<br>herbe, l\u00e9gumes, algues, \u00e9cume de tes songes<\/p>\n\n\n\n<p><br>Pablo<\/p>\n\n\n\n<p><br>Nuit<\/p>\n\n\n\n<p><br>Aim\u00e9e, unis ton coeur au mien pendant la nuit&nbsp;:<br>que dans notre sommeil ils dissipent l&rsquo;obscur<br>comme un double tambour combattant dans le bois<br>contre l&rsquo;\u00e9pais rempart du feuillage mouill\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Nocturne travers\u00e9e, sommeil aux braises noires<br>interceptant le fil des raisins de la terre<br>ainsi qu&rsquo;un train absurde en sa ponctualit\u00e9<br>et sans cesse tra\u00eenant l&rsquo;ombre et les pierres froides.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mon amour, relie-moi \u00e0 ce mouvement pur,<br>cette t\u00e9nacit\u00e9 qui frappe en ta poitrine<br>comme un cygne englouti et dont battent les ailes.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;interrogation du ciel et des \u00e9toiles<br>r\u00e9ponde le sommeil avec sa seul cl\u00e9,<br>avec sa porte unique et que l&rsquo;ombre a ferm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Pablo<\/p>\n\n\n\n<p>MEMORIAL DE L&rsquo; \u00ceLE NOIRE II<br>Le lune dans le labyrinthe1964 (extraits)<\/p>\n\n\n\n<p>LA PO\u00c9SIE<\/p>\n\n\n\n<p>Et ce fut \u00e0 cet \u00e2ge&#8230; La po\u00e9sie<br>vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d&rsquo;o\u00f9 elle surgit, de l&rsquo;hiver ou du fleuve.<br>Je ne sais ni comment ni quand,<br>non, ce n&rsquo;\u00e9taient pas des voix, ce n&rsquo;\u00e9taient pas<br>des mots, ni le silence&nbsp;:<br>d&rsquo;une rue elle me h\u00e9lait,<br>des branches de la nuit,<br>soudain parmi les autres,<br>parmi des feux violents<br>ou dans le retour solitaire,<br>sans visage elle \u00e9tait l\u00e0<br>et me touchait.<br>Je ne savais que dire, ma bouche<br>ne savait pas<br>nommer,<br>mes yeux \u00e9taient aveugles,<br>et quelque chose cognait dans mon \u00e2me,<br>fi\u00e8vre ou ailes perdues,<br>je me formai seul peu \u00e0 peu,<br>d\u00e9chiffrant<br>cette br\u00fblure,<br>et j&rsquo;\u00e9crivis la premi\u00e8re ligne confuse,<br>confuse, sans corps, pure<br>\u00e2nerie,<br>pur savoir<br>de celui-l\u00e0 qui ne sait rien,<br>et je vis tout \u00e0 coup<br>le ciel<br>\u00e9gren\u00e9<br>et ouvert,<br>des plan\u00e8tes,<br>des plantations vibrantes,<br>l&rsquo;ombre perfor\u00e9e,<br>cribl\u00e9e<br>de fl\u00e8ches, de feu et de fleurs,<br>la nuit qui roule et qui \u00e9crase, l&rsquo;univers.<br>Et moi, infime cr\u00e9ature,<br>gris\u00e9 par le grand vide<br>constell\u00e9,<br>\u00e0 l&rsquo;instar, \u00e0 l&rsquo;image<br>du myst\u00e8re,<br>je me sentis pure partie<br>de l&rsquo;ab\u00eeme,<br>je roulai avec les \u00e9toiles,<br>mon coeur se d\u00e9noua dans le vent.<\/p>\n\n\n\n<p><br>(M\u00e9morial de l&rsquo;\u00eele Noire, 1964) Le lune dans le labyrinthe<\/p>\n\n\n\n<p>JE t&rsquo;ai R\u00caVER un SOIR&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Femme, songe o\u00f9 fusionnent toutes mes fictions,<br>tu as vibr\u00e9 comme r\u00e9elle dans mes nerfs;<br>pleurant dans mes sentiers de l&rsquo;illusion perdue,<br>j&rsquo;ai senti m&rsquo;effleure ta beaut\u00e9 inconnue.<\/p>\n\n\n\n<p><br>En fl\u00e9trissant mes r\u00eaves et mes folles chim\u00e8res<br>je t&rsquo;ai forg\u00e9e \u00e0 brides de ciel et de chair,<br>comme une r\u00e9surgence ou pareille au printemps<br>dans la for\u00eat de tant d&rsquo;aberrants id\u00e9aux&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ta chair divine et parfum\u00e9e, je l&rsquo;ai r\u00eav\u00e9e<br>au milieu des tourments morbides de mon \u00eatre;<br>et bien que floue, je sais, Aim\u00e9e, comment tu es,<br>fiction faite r\u00e9alit\u00e9 en chair de femme&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je te cherche dans les yeux de toutes les femmes,<br>je te cherche et jamais n&rsquo;ai pu te rencontrer.<br>Dans ma d\u00e9sillusion s&rsquo;abrite l&rsquo;illusion<br>que tu es ou seras plus belle qu&rsquo;aucune autre.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mes r\u00eaves te voudront \u00e9ternellement mienne,<br>jaillissant de la nuit de toutes mes tristesses,<br>germe de joies \u00e9tranges qui aviveront<br>la flamme que r\u00e9pand ta beaut\u00e9 inconnue.<\/p>\n\n\n\n<p><br>(MEMORIAL DE L&rsquo; \u00ceLE NOIRE II. Le lune dans le labyrinthe)<\/p>\n\n\n\n<p><br>L&rsquo; OPIUM \u00c0 L&rsquo; EST<\/p>\n\n\n\n<p><br>D\u00e9j\u00e0 de Singapour on reniflait l&rsquo;opium.<br>Le brave Anglais savait ce qu&rsquo;il faisait.<br>A Gen\u00e8ve il tonitruait<br>contre les marchands clandestins<br>mais chaque port, aux Colonies,<br>crachait son relent de fum\u00e9e autoris\u00e9e<br>par un chiffre officiel et quelque cong\u00e9 lucratif.<br>A Londres le gentleman asserment\u00e9<br>portant un impeccable habit de rossignol<br>(pantalon \u00e0 rayures et amidon d&rsquo;armure)<br>trillait contre le vendeur d&rsquo;ombres,<br>mais ici en Orient<br>le masque s&rsquo;abattait<br>et on vendait la l\u00e9thargie \u00e0 chaque coin de rue.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je voulu savoir. J&rsquo;entrai. Chaque estrade<br>avait son gisant,<br>nul ne parlait, nul ne riait, je crus<br>que ceux-ci fumaient en silence.<br>Pourtant, aupr\u00e8s de moi la pipe gr\u00e9sillait<br>lorsque la flamme avec l&rsquo;aiguille se croisait<br>et dans la ti\u00e9deur aspir\u00e9e qui m\u00ealait<br>\u00e0 la fum\u00e9e laiteuse entrait dans l&rsquo;homme<br>un bonheur statique, une porte au loin<br>s&rsquo;ouvrant sur un vide au go\u00fbt succulent:<br>l&rsquo;opium \u00e9tait la fleur de la paresse,<br>le plaisir immobile,<br>la pure activit\u00e9 sans mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tout \u00e9tait pur ou semblait l&rsquo;\u00eatre,<br>tout en glissant sur l&rsquo;huile et les gonds<br>pour arriver \u00e0 n&rsquo;\u00eatre plus rien qu&rsquo;existence,<br>rien ne br\u00fblait, nul ne pleurait,<br>les tourments ici n&rsquo;avaient pas leur place,<br>il n&rsquo;y avait pas de charbon pour la col\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je les regardai: pauvres gens d\u00e9chus,<br>manoeuvres, coolies de ricksha ou de plantation,<br>trotteurs ch\u00e9tifs,<br>chiens de la rue,<br>pauvres gens malmen\u00e9s.<br>Ici, apr\u00e8s avoir bless\u00e9s,<br>apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 non pas des \u00eatres mais des pieds,<br>apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 non pas des hommes mais des b\u00eates de sommes<br>apr\u00e8s avoir march\u00e9, march\u00e9, et su\u00e9 et su\u00e9<br>et su\u00e9 du sang et ne plus avoir d&rsquo;\u00e2me,<br>ils \u00e9taient ici maintenant,<br>solidaires,<br>allong\u00e9s,<br>eux, les gisants enfin, les pattes-dures:<br>chacun avec sa faim s&rsquo;\u00e9tait pay\u00e9<br>un droit obscur \u00e0 ces d\u00e9lices,<br>songe ou mensonges, bonheur ou mort, ils se retrouvaient<br>enfin dans se repos que cherche toute vie,<br>et respect\u00e9s enfin, sur une \u00e9toile.<\/p>\n\n\n\n<p><br>(MEMORIAL DE L&rsquo; \u00ceLE NOIRE II . Le lune dans le labyrinthe)<\/p>\n\n\n\n<p>VINGT PO\u00c8MES D&rsquo;AMOUR \/ une chanson d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>I<\/p>\n\n\n\n<p>Corps de femme, blanches collines, cuisses blanches,<br>l&rsquo;attitude du don te rend pareil au monde.<br>Mon corps de laboureur sauvage, de son soc<br>a fait jaillir le fils du profond de la terre.<\/p>\n\n\n\n<p><br>je fus comme un tunnel. D\u00e9sert\u00e9 des oiseaux,<br>la nuit m&rsquo;envahissait de toute sa puissance.<br>pour survivre j&rsquo;ai d\u00fb te forger comme une arme<br>et tu es la fl\u00e8che \u00e0 mon arc, tu es la pierre dans ma fronde.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mais passe l&rsquo;heure de la vengeance, et je t&rsquo;aime.<br>Corps de peau et de mousse, de lait avide et ferme.<br>Ah! le vase des seins! Ah! les yeux de l&rsquo;absence!<br>ah! roses du pubis! ah! ta voix lente et triste!<\/p>\n\n\n\n<p><br>Corps de femme, je persisterai dans ta gr\u00e2ce.<br>\u00d4 soif, d\u00e9sir illimit\u00e9, chemin sans but!<br>Courants obscurs o\u00f9 coule une soif \u00e9ternelle<br>et la fatigue y coule, et l&rsquo;infinie douleur.<\/p>\n\n\n\n<p><br>II<\/p>\n\n\n\n<p>La lumi\u00e8re t&rsquo;enrobe en sa flamme mortelle.<br>Et pensive, p\u00e2le et dolente, tu t&rsquo;appuies<br>contre le cr\u00e9puscule et ses vieilles h\u00e9lices<br>tournant autour de toi.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Muette, mon amie,<br>\u00e0 cette heure des morts seule en la solitude,<br>emplie du feu vivant,<br>du jour d\u00e9truit pure h\u00e9riti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Sur le noir de ta robe une grappe du jour,<br>et de la nuit les immenses racines<br>ont pouss\u00e9 d&rsquo;un seul coup \u00e0 partir de ton \u00e2me,<br>ce qui se cache en toi s&rsquo;en retourne au dehors.<br>Un peuple p\u00e2le et bleu ainsi s&rsquo;en alimente<br>et c&rsquo;est de toi qu&rsquo;il vient de na\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00d4 grandiose et f\u00e9conde et magn\u00e9tique esclave<br>de ce cercle alternant le noir et le dor\u00e9<br>dress\u00e9e, tente et parfais ta vive cr\u00e9ation<br>jusqu&rsquo;\u00e0 la mort des fleurs. Qu&rsquo;en elle tout soit triste.<\/p>\n\n\n\n<p><br>III<\/p>\n\n\n\n<p><br>Immensit\u00e9 des pins, rumeur bris\u00e9e des vagues,<br>contre le cr\u00e9puscule et ses vieilles h\u00e9lices<br>cr\u00e9puscule tombant sur tes yeux de poup\u00e9e,<br>coquillage terrestre, en toi la terre chante!<\/p>\n\n\n\n<p><br>En toi chantent les fleuves et sur eux fuit mon \u00e2me<br>comme tu le d\u00e9sires et vers o\u00f9 tu le veux.<br>Trace-moi le chemin sur ton arc d&rsquo;esp\u00e9rance<br>que je l\u00e2che en d\u00e9lire une vol\u00e9e de fl\u00e8ches.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je vois autour de moi ta ceinture de brume,<br>mes heures poursuivies traqu\u00e9es par ton silence,<br>c&rsquo;est en toi, en tes bras de pierre transparente<br>que mes baisers se sont ancr\u00e9s, au nid de mon d\u00e9sir humide.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ah! ta voix de myst\u00e8re que teinte et plie l&rsquo;amour<br>au soir retentissant et qui tombe en mourant!<br>Ainsi \u00e0 l&rsquo;heure sombre ai-je vu dans les champs<br>se plier les \u00e9pis sous la bouche du vent.<\/p>\n\n\n\n<p><br>IV<\/p>\n\n\n\n<p><br>C&rsquo;est le matin plein de temp\u00eate<br>au coeur de l&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mouchoirs blancs de l&rsquo;adieu, les nuages voltigent,<br>et le vent les secoue de ses mains voyageuses.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Innombrable, le coeur du vent<br>bat sur notre amoureux silence.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Orchestral et divin, bourdonnant dans les arbres,<br>comme une langue emplie de guerres et de chants.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Vent, rapide voleur qui enl\u00e8ve les feuilles,<br>et d\u00e9viant la fl\u00e8che battante des oiseaux,<\/p>\n\n\n\n<p><br>les renverse dans une vague s&rsquo;ans \u00e9cume,<br>substance devenue sans poids, feux qui s&rsquo;inclinent.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Volume de baisers englouti et bris\u00e9<br>que le vent de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 vient combattre \u00e0 la porte.<\/p>\n\n\n\n<p><br>V<\/p>\n\n\n\n<p><br>Pour que tu m&rsquo;entendes<br>mes mots<br>parfois s&rsquo;amenuisent<br>comme la trace des mouettes sur la plage.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Collier, grelot ivre<br>pour le raisin de tes mains douces.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mes mots je les regarde et je les vois lointains.<br>Ils sont \u00e0 toi bien plus qu&rsquo;\u00e0 moi.<br>Sur ma vieille douleur ils grimpent comme un lierre.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ils grimpent sur les murs humides.<br>Et de ce jeu sanglant tu es seule coupable.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ils sont en train de fuir de mon repaire obscur.<br>Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli.<\/p>\n\n\n\n<p><br>C&rsquo;est eux qui ont peupl\u00e9 le vide o\u00f9 tu t&rsquo;installes,<br>ma tristesse est \u00e0 eux plus qu&rsquo;\u00e0 toi famili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ils diront donc ici ce que je veux te dire,<br>et entends-les comme je veux que tu m&rsquo;entendes.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Habituel, un vent angoiss\u00e9 les tra\u00eene encore<br>et parfois l&rsquo;ouragan des songes les renverse.<br>Tu entends d&rsquo;autres voix dans ma voix de douleur.<br>Pleurs de l\u00e8vres anciennes, sang de vieilles suppliques.<br>Ma compagne, aime-moi. Demeure l\u00e0. Suis-moi.<br>Ma compagne, suis-moi, sur la vague d&rsquo;angoisse.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Pourtant mes mots prennent couleur de ton amour.<br>Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je fais de tous ces mots un collier infini<br>pour ta main blanche et douce ainsi que les raisins<\/p>\n\n\n\n<p><br>VI<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je me souviens de toi telle que tu \u00e9tais en ce dernier automne&nbsp;:<br>un simple b\u00e9ret gris avec le coeur en paix.<br>Dans tes yeux combattaient les feux du cr\u00e9puscule.<br>Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Enroul\u00e9e \u00e0 mes bras comme un volubilis,<br>les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.<br>Un b\u00fbcher de stupeur o\u00f9 ma soif se consume.<br>Douce jacinthe bleue qui se tord sur mon \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p><br>je sens tes yeux qui vont et l&rsquo;automne est distant&nbsp;:<br>b\u00e9ret gris, cris d&rsquo;oiseau, coeur o\u00f9 l&rsquo;on est chez soi<br>et vers eux \u00e9migraient mes d\u00e9sirs si profonds<br>et mes baisers tombaient joyeux comme des braises.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le ciel vu d&rsquo;un bateau. Les champs vus des collines&nbsp;:<br>lumi\u00e8re, \u00e9tang de paix, fum\u00e9e, ton souvenir.<br>Au-del\u00e0 de tes yeux br\u00fblaient les cr\u00e9puscules.<br>Sur ton \u00e2me tournaient les feuilles de l&rsquo;automne.<\/p>\n\n\n\n<p><br>VII<\/p>\n\n\n\n<p><br>Inclin\u00e9 sur les soirs je jette un filet triste<br>sur tes yeux d&rsquo;oc\u00e9an.<\/p>\n\n\n\n<p><br>L\u00e0, br\u00fble \u00e9cartel\u00e9e sur le plus haut b\u00fbcher,<br>ma solitude aux bras battants comme un noy\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tes yeux absents, j&rsquo;y fais des marques rouges<br>et ils ondoient comme la mer au pied d&rsquo;un phare.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ma femelle distante, agripp\u00e9e aux t\u00e9n\u00e8bres,<br>de ton regard surgit la c\u00f4te de l&rsquo;effroi.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Inclin\u00e9 sur les soirs je jette un filet triste<br>sur la mer qui secoue tes grands yeux d&rsquo;oc\u00e9an.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Les oiseaux de la nuit picorent les \u00e9toiles<br>qui scintillent comme mon \u00e2me quand je t&rsquo;aime.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Et la nuit galopant sur sa sombre jument<br>\u00e9parpille au hasard l&rsquo;\u00e9pi bleu sur les champs.<\/p>\n\n\n\n<p><br>VIII<\/p>\n\n\n\n<p><br>Abeille blanche, ivre de miel, toi qui bourdonnes dans mon \u00e2me,<br>tu te tords en lentes spirales de fum\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><br>je suis le d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, la parole sans \u00e9cho,<br>celui qui a tout eu, et qui a tout perdu.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Derni\u00e8re amarre, en toi craque mon anxi\u00e9t\u00e9 derni\u00e8re.<br>En mon d\u00e9sert tu es la rose ultime.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ah&nbsp;! silencieuse&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ferme tes yeux profonds. La nuit y prend son vol.<br>Ah! d\u00e9nude ton corps de craintive statue.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu as des yeux profonds o\u00f9 la nuit bat des ailes.<br>Et de frais bras de fleur et un giron de rose.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Et tes seins sont pareils \u00e0 des escargots blancs.<br>Un papillon de nuit dort pos\u00e9 sur ton ventre.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ah! silencieuse&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>Voici la solitude et tu en es absente.<br>Il pleut. Le vent de mer chasse d&rsquo;errantes mouettes.<\/p>\n\n\n\n<p><br>L&rsquo;eau marche les pieds nus par les routes mouill\u00e9es.<br>Et la feuille de l&rsquo;arbre geint, comme un malade.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Abeille blanche, absente, en moi ton bourdon dure.<br>Tu revis dans le temps, mince et silencieuse.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ah&nbsp;! silencieuse&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>IX<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ivre de longs baisers, ivre des t\u00e9r\u00e9binthes,<br>je dirige, estival, le voilier des roses,<br>me penchant vers la mort de ce jour si t\u00e9nu,<br>ciment\u00e9 dans la fr\u00e9n\u00e9sie ferme de la mer.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Blafard et amarr\u00e9 \u00e0 mon eau d\u00e9vorante<br>croisant dans l&rsquo;aigre odeur du climat d\u00e9couvert,<br>encore rev\u00eatu de gris, de sons amers,<br>et d&rsquo;un triste cimier d&rsquo;\u00e9cume abandonn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais, dur, passionn\u00e9, sur mon unique vague,<br>lunaire, brusque, ardent et froid, solaire,<br>et je m&rsquo;endors d&rsquo;un bloc sur la gorge des blanches<br>\u00eeles fortun\u00e9es, douces comme des hanches fra\u00eeches.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mon habit de baisers tremble en la nuit humide<br>follement agit\u00e9 d&rsquo;\u00e9lectriques d\u00e9charges,<br>d&rsquo;h\u00e9bra\u00efque fa\u00e7on divis\u00e9 par des songes<br>l&rsquo;ivresse de la rose en moi s&rsquo;est d\u00e9ploy\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><br>En remontant les eaux, dans les vagues externes,<br>ton corps jumeau et qui se soumet dans mes bras<br>comme un poisson sans fin s&rsquo;est coll\u00e9 \u00e0 mon \u00e2me<br>rapide et lent dans cette \u00e9nergie sous les cieux.<\/p>\n\n\n\n<p><br>X<\/p>\n\n\n\n<p><br>Nous avons encore perdu ce cr\u00e9puscule<br>Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies<br>pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.<\/p>\n\n\n\n<p><br>J&rsquo;ai vu de ma fen\u00eatre<br>la f\u00eate du couchant sur les coteaux lointains<\/p>\n\n\n\n<p><br>Parfois, ainsi qu&rsquo;une m\u00e9daille<br>s&rsquo;allumait un morceau de soleil dans mes mains.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Et je me souvenais de toi le coeur serr\u00e9<br>triste de la tristesse \u00e0 moi que tu connais.<\/p>\n\n\n\n<p><br>O\u00f9 \u00e9tais-tu alors&nbsp;?<br>Et parmi quelles gens&nbsp;?<br>Quels mots pronon\u00e7ais-tu&nbsp;?<br>Pourquoi peut me venir tout l&rsquo;amour d&rsquo;un seul coup,<br>lorsque je me sens triste et te connais lointaine&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le livre a chu qu&rsquo;on prend toujours au cr\u00e9puscule,<br>ma cape, chien bless\u00e9, \u00e0 mes pieds a roul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu t&rsquo;\u00e9loignes toujours et toujours dans le soir<br>vers o\u00f9 la nuit se h\u00e2te effa\u00e7ant les statues.<\/p>\n\n\n\n<p><br>XI<\/p>\n\n\n\n<p><br>Presque en dehors du ciel, ancre entre deux montagnes,<br>le croissant de la lune.<br>Tournante, errante nuit, terrassi\u00e8re des yeux,<br>pour compter les \u00e9toiles dans la mare, en morceaux.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Elle est la croix de deuil entre mes sourcils, elle fuit. Forge de m\u00e9taux bleus, nuits de lutte cach\u00e9e,<br>tourne mon coeur, et c&rsquo;est un volant fou.<\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Fille venue de loin, apport\u00e9e de si loin,<br>son regard est parfois un \u00e9clair sous le ciel.<br>Incessante complainte et temp\u00eate tourbillonnant dans sa furie,<br>au-dessus de mon coeur passe sans t&rsquo;arr\u00eater.<br>D\u00e9truis, disperse, emporte, \u00f4 vent des s\u00e9pultures, ta racine assoupie.<br>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle arrache les grands arbres.<br>Mais toi, \u00e9pi, question de fum\u00e9e, fille claire.<br>La fille n\u00e9e du vent et des feuilles illumin\u00e9es.<br>Par-del\u00e0 les montagnes nocturnes, lis blanc de l&rsquo;incendie<br>ah! je ne peux rien dire&nbsp;! De toute chose elle \u00e9tait faite.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Couteau de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 qui partagea mon c\u0153ur<br>c&rsquo;est l&rsquo;heure de cheminer, sur un chemin sans son sourire.<br>Temp\u00eate, fossoyeur des cloches, trouble et nouvel essor de la tourmente,<br>Pourquoi la toucher, pourquoi l&rsquo;attrister maintenant.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ah! suivre le chemin qui s&rsquo;\u00e9loigne de tout,<br>que ne fermeront pas la mort, l&rsquo;hiver, l&rsquo;angoisse<br>avec leurs yeux ouverts au coeur de la ros\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p><br>XII<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00c0 mon coeur suffit ta poitrine,<br>mes ailes pour ta libert\u00e9.<br>De ma bouche atteindra au ciel<br>tout ce qui dormait sur ton \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p><br>En toi l&rsquo;illusion quotidienne.<br>Tu viens, ros\u00e9e sur les corolles.<br>Absente et creusant l&rsquo;horizon Tu t&rsquo;enfuis, \u00e9ternelle vague.<\/p>\n\n\n\n<p><br>je l&rsquo;ai dit&nbsp;: tu chantais au vent<br>comme les pins et les m\u00e2ts des navires.<br>Tu es haute comme eux et comme eux taciturne.<br>Tu t&rsquo;attristes soudain, comme fait un voyage.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Accueillante, pareille \u00e0 un ancien chemin.<br>Des \u00e9chos et des voix nostalgiques te peuplent.<br>\u00c0 mon r\u00e9veil parfois \u00e9migrent et s&rsquo;en vont<br>des oiseaux qui s&rsquo;\u00e9taient endormis dans ton \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p><br>XIII<\/p>\n\n\n\n<p><br>J&rsquo;ai marqu\u00e9 peu \u00e0 peu l&rsquo;atlas blanc de ton corps<br>avec des croix de flamme.<br>Ma bouche, une araign\u00e9e qui traversait, furtive.<br>En toi, derri\u00e8re toi, craintive et assoiff\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Histoires \u00e0 te raconter sur la berge du cr\u00e9puscule<br>douce et triste poup\u00e9e, pour chasser ta tristesse.<br>Quelque chose, arbre ou cygne, qui est lointain, joyeux.<br>Et le temps des raisins, m\u00fbr et porteur de fruits.<\/p>\n\n\n\n<p><br>J&rsquo;ai v\u00e9cu dans un port et de l\u00e0 je t&rsquo;aimais.<br>Solitude o\u00f9 passaient le songe et le silence.<br>Enferm\u00e9, enferm\u00e9 entre mer et tristesse.<br>Silencieux, d\u00e9lirant, entre deux statues de gondoliers.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Entre les l\u00e8vres et la voix, quelque chose s&rsquo;en va mourant.<br>Ail\u00e9 comme l&rsquo;oiseau, c&rsquo;est angoisse et oubli.<br>Tout comme les filets ne retiennent pas l&rsquo;eau.<br>Il ne reste, poup\u00e9e, que des gouttes qui tremblent.<br>Pourtant un chant demeure au coeur des mots fugaces.<br>Un chant, un chant qui monte \u00e0 mes l\u00e8vres avides.<br>Pouvoir te c\u00e9l\u00e9brer partout les mots de joie.<br>Chanter, br\u00fbler, s&rsquo;enfuir, comme un clocher aux mains d&rsquo;un fou.<br>Que deviens-tu soudain, \u00f4 ma triste tendresse&nbsp;?<br>J&rsquo;atteins le plus hardi des sommets, le plus froid,<br>et mon coeur se referme ainsi la fleur nocturne.<\/p>\n\n\n\n<p><br>XIV<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ton jouet quotidien c&rsquo;est la clart\u00e9 du monde.<br>Visiteuse subtile, venue sur l&rsquo;eau et sur la fleur.<br>Tu passas la blancheur de ce petit visage que je serre<br>entre mes mains, comme une grappe, chaque jour.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Et depuis mon amour tu es sans ressemblance.<br>Laisse-moi t&rsquo;allonger sur des guirlandes jaunes.<br>Qui a \u00e9crit ton nom en lettres de fum\u00e9e au coeur des \u00e9toiles du sud&nbsp;?<br>Ah! laisse-moi te rappeler celle que tu \u00e9tais alors,<br>quand tu n&rsquo;existais pas encore.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mais un vent soudain hurle et frappe \u00e0 ma fen\u00eatre.<br>Le ciel est un filet rempli d&rsquo;obscurs poissons.<br>Ici viennent frapper tous les vents, ici, tous.<br>La pluie se d\u00e9shabille.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Les oiseaux passent en fuyant.<br>Le vent. Le vent.<br>Je ne peux que lutter contre la force humaine.<br>Et la temp\u00eate a fait un tas des feuilles sombres<br>et d\u00e9tach\u00e9 toutes les barques qu&rsquo;hier soir amarra dans le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mais toi tu es ici. Mais toi tu ne fuis pas.<br>Toi tu me r\u00e9pondras jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ultime cri.<br>Blottis-toi pr\u00e8s de moi comme si tu craignais.<br>Mais parfois dans tes yeux passait une ombre \u00e9trange.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Maintenant, maintenant aussi, mon petit, tu m&rsquo;apportes des ch\u00e8vrefeuilles, ils parfument jusqu&rsquo;\u00e0 tes seins.<br>Quand le vent triste court en tuant des papillons<br>moi je t&rsquo;aime et ma joie mord ta bouche de prune.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Qu&rsquo;il t&rsquo;en aura co\u00fbt\u00e9 de t&rsquo;habituer \u00e0 moi,<br>\u00e0 mon \u00e2me seule et sauvage, \u00e0 mon nom qui les fait tous fuir.<br>Tant de fois, nous baisant les yeux, nous avons vu br\u00fbler l&rsquo;\u00e9toile<br>et se d\u00e9tordre sur nos t\u00eates les \u00e9ventails tournants des<br>cr\u00e9puscules.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mes mots pleuvaient sur toi ainsi que des caresses.<br>Depuis longtemps j&rsquo;aimai ton corps de nacre et de soleil.<br>L&rsquo;univers est \u00e0 toi, voil\u00e0 ce que je crois.<br>Je t&rsquo;apporterai des montagnes la joie en fleur des copihu\u00e9s<br>avec des noisettes noires, des paniers de baisers sylvestres.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je veux faire de toi<br>ce que fait le printemps avec les cerisiers.<\/p>\n\n\n\n<p><br>XV<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ton silence m&rsquo;enchante et ce semblant d&rsquo;absence<br>quand tu m&rsquo;entends de loin, sans que ma voix t&rsquo;atteigne.<br>On dirait que tes yeux viennent de s&rsquo;envoler,<br>on dirait qu&rsquo;un baiser t&rsquo;a referm\u00e9 la bouche.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Comme tout ce qui est est empli de mon \u00e2me<br>tu \u00e9merges de tout, pleine de l&rsquo;\u00e2me mienne.<br>Papillon invent\u00e9, tu ressembles \u00e0 mon \u00e2me,<br>tu ressembles aussi au mot m\u00e9lancolie.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ton silence m&rsquo;enchante et cet air d&rsquo;\u00eatre loin.<br>Tu te plains, dirait-on, roucoulant papillon.<br>Et tu m&rsquo;entends de loin, sans que ma voix t&rsquo;atteigne<br>laisse-moi faire silence dans ton silence.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Laisse-moi te parler aussi par ton silence<br>simple comme un anneau et clair comme une lampe.<br>Tu es comme la nuit, constell\u00e9e, silencieuse.<br>Ton silence est d&rsquo;\u00e9toile, aussi lointain et simple.<\/p>\n\n\n\n<p><br>J&rsquo;aime quand tu te tais car tu es comme absente.<br>Comme si tu mourrais, distante et douloureuse.<br>Il ne faut qu&rsquo;un sourire, et un seul mot suffit<br>\u00e0 me rendre joyeux&nbsp;: rien de cela n&rsquo;\u00e9tait.<\/p>\n\n\n\n<p><br>XVI<\/p>\n\n\n\n<p><br>Paraphrase de Rabindranath Tagore.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu es au cr\u00e9puscule un nuage dans mon ciel,<br>ta forme, ta couleur sont comme je les veux.<br>Tu es mienne, tu es mienne, ma femme \u00e0 la l\u00e8vre douce<br>et mon songe infini s&rsquo;\u00e9tablit dans ta vie.<\/p>\n\n\n\n<p><br>La lampe de mon coeur met du rose \u00e0 tes pieds<br>et mon vin d&rsquo;amertume est plus doux sur tes l\u00e8vres,<br>moissonneuse de ma chanson cr\u00e9pusculaire,<br>tellement mienne dans mes songes solitaires<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu es mienne, tu es mienne, et je le crie dans la brise<br>du soir, et le deuil de ma voix s&rsquo;en va avec le vent.<br>Au profond de mes yeux tu chasses, ton butin<br>stagne comme les eaux de ton regard de nuit.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu es prise au filet de ma musique, amour,<br>aux mailles de mon chant larges comme le ciel.<br>Sur les bords de tes yeux de deuil mon \u00e2me est n\u00e9e.<br>Et le pays du songe avec ces yeux commence.<\/p>\n\n\n\n<p><br>XVII<\/p>\n\n\n\n<p><br>En pensant, en prenant des ombres au filet dans la solitude<br>profonde.<br>Toi aussi tu es loin, bien plus loin que personne.<br>Penseur, l\u00e2cheur d&rsquo;oiseaux, images dissip\u00e9es<br>et lampes enterr\u00e9es.<br>Clocher de brumes, comme tu es loin, tout l\u00e0-haut&nbsp;!<br>\u00c9touffant le g\u00e9mir,<br>taciturne meunier de la farine obscure de l&rsquo;espoir,<br>la nuit s&rsquo;en vient \u00e0 toi, rampant, loin de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ta pr\u00e9sence a chang\u00e9 et m&rsquo;est chose \u00e9trang\u00e8re.<br>Je pense, longuement je parcours cette vie avant toi.<br>Ma vie avant personne, ma vie, mon \u00e2pre vie.<br>Le cri face \u00e0 la mer, le cri au coeur des pierres,<br>en courant libre et fou, dans la bu\u00e9e de la mer.<br>Cri et triste furie, solitude marine.<br>Emball\u00e9, violent, \u00e9lanc\u00e9 vers le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Toi, femme, qu&rsquo;\u00e9tais-tu alors&nbsp;? Quelle lame, quelle branche<br>de cet immense \u00e9ventail&nbsp;? Aussi lointaine qu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent.<br>Incendie dans le bois&nbsp;! Croix bleues de l&rsquo;incendie.<br>Br\u00fble, br\u00fble et flamboie, p\u00e9tille en arbres de lumi\u00e8re.<br>Il s&rsquo;\u00e9croule et cr\u00e9pite. Incendie, incendie.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Bless\u00e9e par des copeaux de feu mon \u00e2me danse.<br>Qui appelle? Quel silence peupl\u00e9 d&rsquo;\u00e9chos&nbsp;?<br>Heure de nostalgie, heure de l&rsquo;all\u00e9gresse, heure de solitude,<br>heure mienne entre toutes&nbsp;!<br>Trompe qui passe en chantant dans le vent.<br>Tant de passion des pleurs qui se noue \u00e0 mon corps.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Toutes racines secou\u00e9es,<br>toutes les vagues \u00e0 l&rsquo;assaut&nbsp;!<br>Et mon \u00e2me roulait, gaie, triste, interminable.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Pens\u00e9es et lampes enterr\u00e9es dans la profonde solitude.<br>Qui es-tu toi, qui es-tu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><br>XVIII<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ici je t&rsquo;aime.<br>Dans les pins obscurs le vent se d\u00e9m\u00eale.<br>La lune resplendit sur les eaux vagabondes.<br>Des jours \u00e9gaux marchent et se poursuivent.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le brouillard en dansant qui d\u00e9noue sa ceinture.<br>Une mouette d&rsquo;argent du couchant se d\u00e9croche.<br>Une voile parfois. Haut, tr\u00e8s haut, les \u00e9toiles.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00d4 la croix noire d&rsquo;un bateau.<br>Seul.<br>Le jour parfois se l\u00e8ve en moi, et m\u00eame mon \u00e2me est humide.<br>La mer au loin sonne et r\u00e9sonne.<br>Voici un port.<br>Ici je t&rsquo;aime.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ici je t&rsquo;aime. En vain te cache l&rsquo;horizon.<br>Tu restes mon amour parmi ces froides choses.<br>Parfois mes baisers vont sur ces graves bateaux<br>qui courent sur la mer au but jamais atteint.<br>Suis-je oubli\u00e9 d\u00e9j\u00e0 comme ces vieilles ancres.<br>Abord\u00e9 par le soir le quai devient plus triste.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Et ma vie est lass\u00e9e de sa faim inutile.<br>J&rsquo;aime tout ce que je n&rsquo;ai pas. Et toi comme tu es loin.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mon ennui se d\u00e9bat dans les lents cr\u00e9puscules.<br>Il vient pourtant la nuit qui chantera pour moi.<br>La lune fait tourner ses rouages de songe.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Avec tes yeux me voient les \u00e9toiles majeures.<br>Pli\u00e9s \u00e0 mon amour, les pins dans le vent veulent<br>chanter ton nom avec leurs aiguilles de fer.<\/p>\n\n\n\n<p><br>XIX<\/p>\n\n\n\n<p><br>Fille brune, fille agile, le soleil qui fait les fruits,<br>qui alourdit les bl\u00e9s et tourmente les algues,<br>a fait ton corps joyeux et tes yeux lumineux<br>et ta bouche qui a le sourire de l&rsquo;eau.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Noir, anxieux, un soleil s&rsquo;est enroul\u00e9 aux fils<br>de ta crini\u00e8re noire, et toi tu \u00e9tires les bras.<br>Et tu joues avec lui comme avec un ruisseau,<br>qui laisse dans tes yeux deux sombres eaux dormantes.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Fille brune, fille agile, rien ne me rapproche de toi.<br>Tout m&rsquo;\u00e9loigne de toi, comme du plein midi.<br>Tu es la d\u00e9lirante enfance de l&rsquo;abeille,<br>la force de l&rsquo;\u00e9pi, l&rsquo;ivresse de la vague.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mon coeur sombre pourtant te cherche,<br>J&rsquo;aime ton corps joyeux et ta voix libre et mince.<br>\u00d4 mon papillon brun, doux et d\u00e9finitif,<br>tu es bl\u00e9s et soleil eau et coquelicot.<\/p>\n\n\n\n<p><br>XX<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je peux \u00e9crire les vers les plus tristes cette nuit.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00c9crire, par exemple&nbsp;: \u00a0\u00bb La nuit est \u00e9toil\u00e9e<br>et les astres d&rsquo;azur tremblent dans le lointain. \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je puis \u00e9crire les vers les plus tristes cette nuit.<br>Je l&rsquo;aimais, et parfois elle aussi elle m&rsquo;aima.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Les nuits comme cette nuit, je l&rsquo;avais entre mes bras.<br>Je l&#8217;embrassai tant de fois sous le ciel, ciel infini.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Elle m&rsquo;aima, et parfois moi aussi je l&rsquo;ai aim\u00e9e.<br>Comment n&rsquo;aimerait-on pas ses grands yeux, ses grands yeux fixes.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Je peux \u00e9crire les vers les plus tristes cette nuit.<br>Penser que je ne l&rsquo;ai pas. Regretter l&rsquo;avoir perdue.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Entendre la nuit immense, et plus immense sans elle.<br>Et le vers tombe dans l&rsquo;\u00e2me comme la ros\u00e9e dans l&rsquo;herbe.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Qu&rsquo;importe que mon amour n&rsquo;ait pas pu la retenir.<br>La nuit est pleine d&rsquo;\u00e9toiles, elle n&rsquo;est pas avec moi.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Voil\u00e0 tout. Au loin on chante. C&rsquo;est au loin.<br>Et mon \u00e2me est m\u00e9contente parce que je l&rsquo;ai perdue.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Comme pour la rapprocher, c&rsquo;est mon regard qui la cherche.<br>Et mon coeur aussi la cherche, elle n&rsquo;est pas avec moi.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Et c&rsquo;est bien la m\u00eame nuit qui blanchit les m\u00eames arbres.<br>Mais nous autres, ceux d&rsquo;alors, nous ne sommes plus les m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p><br>je ne l&rsquo;aime plus, c&rsquo;est vrai. Pourtant, combien je l&rsquo;aimais.<br>Ma voix appelait le vent pour aller \u00e0 son oreille.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00c0 un autre. A un autre elle sera. Ainsi qu&rsquo;avant mes baisers.<br>Avec sa voix, son corps clair. Avec ses yeux infinis.<\/p>\n\n\n\n<p><br>je ne l&rsquo;aime plus, c&rsquo;est vrai, pourtant, peut-\u00eatre je l&rsquo;aime.<br>Il est si bref l&rsquo;amour et l&rsquo;oubli est si long.<\/p>\n\n\n\n<p><br>C&rsquo;\u00e9tait en des nuits pareilles, je l&rsquo;avais entre mes bras<br>et mon \u00e2me est m\u00e9contente parce que je l&rsquo;ai perdue.<\/p>\n\n\n\n<p><br>M\u00eame si cette douleur est la derni\u00e8re par elle<br>et m\u00eame si ce po\u00e8me est les derniers vers pour elle.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><\/pre>\n\n\n\n<p><br>UNE CHANSON D\u00c9SESP\u00c9R\u00c9E<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ton souvenir surgit de la nuit o\u00f9 je suis.<br>La rivi\u00e8re \u00e0 la mer noue sa plainte obstin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Abandonn\u00e9 comme les quais dans le matin.<br>C&rsquo;est l&rsquo;heure de partir, \u00f4 toi l&rsquo;abandonn\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>Des corolles tombant, pluie oi e sur mon coeur.<br>\u00d4 sentine de d\u00e9combres, grotte f\u00e9roce au naufrag\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>En toi se sont accumul\u00e9s avec les guerres les envols.<br>Les oiseaux de mon chant de toi prirent essor.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu as tout englouti, comme fait le lointain.<br>Comme la mer, comme le temps. Et tout en toi fut un naufrage&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>De l&rsquo;assaut, du baiser c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;heure joyeuse.<br>lueur de la stupeur qui br\u00fblait comme un phare.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Anxi\u00e9t\u00e9 de pilote et furie de plongeur aveugle,<br>trouble ivresse d&rsquo;amour, tout en toi fut naufrage&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mon \u00e2me ail\u00e9e, bless\u00e9e, dans l&rsquo;enfance de brume.<br>Explorateur perdu, tout en toi fut naufrage&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu enla\u00e7as la douleur, tu t&rsquo;accrochas au d\u00e9sir.<br>La tristesse te renversa et tout en toi fut un naufrage&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mais j&rsquo;ai fait reculer la muraille de l&rsquo;ombre,<br>j&rsquo;ai march\u00e9 au-del\u00e0 du d\u00e9sir et de l&rsquo;acte.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00d4 ma chair, chair de la femme aim\u00e9e, de la femme perdue,<br>je t&rsquo;\u00e9voque et je fais de toi un chant \u00e0 l&rsquo;heure humide.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Tu re\u00e7us l&rsquo;infinie tendresse comme un vase,<br>et l&rsquo;oubli infini te brisa comme un vase.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Dans la noire, la noire solitude des \u00eeles,<br>c&rsquo;est l\u00e0, femme d&rsquo;amour, que tes bras m&rsquo;accueillirent.<\/p>\n\n\n\n<p><br>C&rsquo;\u00e9tait la soif, la faim, et toi tu fus le fruit.<br>C&rsquo;\u00e9tait le deuil, les ruines et tu fus le miracle.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Femme, femme, comment as-tu pu m&rsquo;enfermer<br>dans la croix de tes bras, la terre de ton \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mon d\u00e9sir de toi fut le plus terrible et le plus court,<br>le plus d\u00e9sordonn\u00e9, ivre, tendu, avide.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Cimeti\u00e8re de baisers, dans tes tombes survit le feu,<br>et becquet\u00e9e d&rsquo;oiseaux la grappe br\u00fble encore.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00d4 la bouche mordue, \u00f4 les membres bais\u00e9s,<br>\u00f4 les dents affam\u00e9es, \u00f4 les corps enlac\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Furieux accouplement de l&rsquo;espoir et l&rsquo;effort<br>qui nous noua tous deux et nous d\u00e9sesp\u00e9ra.<\/p>\n\n\n\n<p><br>La tendresse, son eau, sa farine l\u00e9g\u00e8re.<br>Et le mot commenc\u00e9 \u00e0 peine sur les l\u00e8vres.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ce fut l\u00e0 le destin o\u00f9 allait mon d\u00e9sir,<br>o\u00f9 mon d\u00e9sir tomba, tout en toi fut naufrage!<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00d4 sentine de d\u00e9combres, tout est retomb\u00e9 sur toi,<br>toute la douleur tu l&rsquo;as dite et toute la douleur t&rsquo;\u00e9touffe.<\/p>\n\n\n\n<p><br>De tombe en tombe encore tu br\u00fblas et chantas.<br>Debout comme un marin \u00e0 la proue d&rsquo;un navire.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Et tu as fleuri dans des chants, tu t&rsquo;es bris\u00e9 dans des courants.<br>\u00d4 sentine de d\u00e9combres, puits ouvert de l&rsquo;amertume.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Plongeur aveugle et p\u00e2le, infortun\u00e9 frondeur,<br>explorateur perdu, tout en toi fut naufrage&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><br>C&rsquo;est l&rsquo;heure de partir, c&rsquo;est l&rsquo;heure dure et froide<br>que la nuit toujours fixe \u00e0 la suite des heures.<\/p>\n\n\n\n<p><br>La mer fait aux rochers sa ceinture de bruit.<br>Froide l&rsquo;\u00e9toile monte et noir l&rsquo;oiseau \u00e9migre.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Abandonn\u00e9 comme les quais dans le matin.<br>Et seule dans mes mains se tord l&rsquo;ombre tremblante.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Oui, bien plus loin que tout. Combien plus loin que tout.<\/p>\n\n\n\n<p><br>C&rsquo;est l&rsquo;heure de partir. \u00d4 toi l&rsquo;abandonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br>EN LIBRAIRIE&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>LA CENTAINE D&rsquo;AMOUR<\/p>\n\n\n\n<p>SPLENDEUR DE LA MORT<\/p>\n\n\n\n<p>LE TROISI\u00c8ME LIVRE DES ODES<\/p>\n\n\n\n<p>COFFRET PO\u00c9SIE NERUDA 98 3 VOLUMES<\/p>\n\n\n\n<p>CAHIERS DE TEMUCO (1919-1920)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA CENTAINE D&rsquo;AMOUR (Il a \u00e9crit ces 100 \u00ab&nbsp;sonnets de bois&nbsp;\u00bb \u00e0 son grand amour, sa derni\u00e8re femme Matilde Urrutia.) Matilde Urrutia (extraits) Au sein de la terre, j&rsquo;\u00e9carterailes \u00e9meraudes pour t&rsquo;apercevoiret toi d&rsquo;une plume d&rsquo;eau messag\u00e8retu seras en train de copier l&rsquo;\u00e9pi. Quel univers&nbsp;! 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